Mieux diagnostiquer l’amiante pour se préserver des maladies respiratoires

D’un simple revêtement mural aux carreaux ou au fer à repasser, du papier ou du carton que nous utilisons, allant aux habits que nous portons ou à l’embrayage sous nos pieds, en passant par les produits d’isolation ou de chauffage dont nous nous servons fréquemment à la maison, l’amiante, aussi insoupçonnable soit-il, est un produit qui fait partie de notre vie quotidienne.

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Selon sa constitution chimique, l’amiante est composée de silicate de calcium et de magnésium (d’une formation rocheuse) se présentant sous forme de filaments ou de fibres rarement liés entre eux. Mélangée à d’autres produits, elle joue un rôle de renforcement. Elle rend un produit incombustible. Elle manifeste une durabilité qui fait d’elle, avec ses autres atouts combinés, un matériau très prisé dans la sphère industrielle.

Bombe à retardement pour la santé

Mais bien qu’utile, l’amiante constitue une vraie bombe à retardement pour la santé. Si elle est bien confinée dans les produits, elle ne présente aucun danger. Par ailleurs, si des filaments d’amiante se propagent dans l’air, on est exposé à des maladies liées à la respiration telles que la fibrose pulmonaire, l’asbestose, l’amiantose et au pire un cancer des poumons.

Le risque est très élevé pour les employés des industries (maintenance, mécanique, mine, sidérurgie,…) se servant de l’amiante. Mais même à la maison, si on ne prend pas les précautions nécessaires pour se protéger, on risque également de contracter ces maladies en manipulant des matériaux amiantés endommagés, brisés, cassés, coupés ou si tout simplement on a eu la malencontreuse idée de frotter un matériau composé d’amiante. Puisque libérée dans l’air, cette matière légère peut être inhalée sans même que l’on ne se l’aperçoive.

Plus de 850 décès depuis janvier

A ce propos, les statistiques sont alarmantes en France. Un rapport sénatorial datant de 2005 stipulait que l’amiante était responsable de la mort de 35 000 personnes pendant trente longues années, à partir de 1965. Des décès qui sont dus à une forte exposition à l’amiante de plusieurs ouvriers industriels.

Depuis le mois de janvier de cette année, il y aurait plus de 850 personnes de décédées suite à l’inhalation de filaments d’amiante selon l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale ou INSERM. Cet institut n’y est pas allé par quatre chemins pour mettre la puce à l’oreille des autorités publiques compétentes, comme quoi cette mortalité pourrait s’élever annuellement de 1140 à 1600 dans cinq ans et ce jusqu’en 2040. Les maladies ne se manifesteraient, en effet, que 20 à 50 ans après l’entassement de l’amiante dans les poumons.

Des recommandations pour mieux diagnostiquer l’amiante

Fusillé de critiques, l’Etat français a interdit l’utilisation de l’amiante en 1997. A ce jour, le comité de suivi au niveau du Sénat a pointé du doigt le défaut de mise en application de mesures adéquates pour desceller la présence d’amiante dans les immeubles par les autorités compétentes. Le président d’une mission sénatoriale n’a pas mis ses gants en 2005 lorsqu’il a dénoncé l’irresponsabilité de l’Etat en ce qui concerne la gestion de cette « épidémie ».

Ce comité a mis sur la table une vingtaine de recommandations allant de l’information sur l’amiante à la compensation financière de ses victimes. Un examen suivi d’un rapport technique établi par un expert sur les habitations devrait être instauré selon les propositions. L’Etat a également été incité à apposer son poinçon sur la confection des dossiers techniques amiante ou DTA utilisés dans les actes notariaux.

Elles stipulent par ailleurs la nécessité de mieux préserver les occupants d’une habitation de l’amiante.  La refonte de l’arrêté « compétence amiante » du personnel chargé du diagnostic en date du 21 novembre 2006 serait en outre de mise si on veut rendre plus pointu le dit diagnostic.

Des précautions qu’on peut prendre chez soi

Mais n’attendons pas que le mal nous empare. Si nous venons à être obligés de manipuler des produits amiantés à la maison, quelques règles s’imposent. Tout d’abord, réservez-vous une zone de travail isolée. Munissez-vous d’une combinaison de protection adéquate avant toute manipulation. N’oubliez pas de porter un masque. Pour éviter que les filaments d’amiante se répandent dans l’air, trempez le matériau dans l’eau. N’endommagez pas plus le matériau pour éviter la propagation d’amiante.

Mettez également ce qui reste du produit amianté dans un sachet en plastique bien fermé. Nettoyez avec de l’eau la zone de travail. N’oubliez pas de prendre une douche après que le travail soit terminé. Lavez la combinaison que vous avez portée. Veuillez ensuite prendre des renseignements auprès des autorités publiques de votre localité sur ce que deviendront vos déchets d’amiante.

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